(Le titre de ce texte nous vient de la chanson "La Relance" de Tété)

L'autre jour j'assistais à une sorte de colloque de professionnels de l'audiovisuel. J'avais prévu de prendre des notes mais finalement, plutôt que de retenir les idées et les débats, j'ai mis sur le papier les expressions les plus vides, les plus creuses dans lesquelles, au cours de ce genre de prise de parole, on a tous tendance à nous engouffrer pour finir nos phrases d'une manière ou d'une autre. La langue se charge de finir les phrases à notre place même si ce n'est pas toujours d'une très grande finesse stylistique.

Par respect pour les vivants, les noms ont été modifiés. Par respect pour les morts, tous le reste a été conservé...

Monsieur A : "...Trois piliers qui sont dirigés vers les professionnels... D'avantage sur la durée en terme de sensibilisation à l'image... Comme la plupart sinon la totalité des collectivités territoriales, nous visons des objectifs complémentaires, sinon contradictoires... à se professionnaliser, si nécessaire, à s'ouvrir... C'est l'effet de levier... Un objectif qui est à la fois un objectif en terme de création..."

Monsieur B : "Oui, bien sûr, Mesdames et messieurs. Le premier de ces volets, et celui qui vous intéresse le plus me semble-t-il... Des compétences qui nous sont propres, notamment par rapport aux lycées... Enfin il a un volet évidemment qui concenre la partie économique de la filière de l'image... Nous travaillons de concert avec la Communauté Urbaine, évidemment... Ensuite après effectivement, donc... Alors ensuite c'est comment dirais-je la commission qui prend la décision..."

Madame C : "Mon attachement à la création documentaire est fort et il ne date pas d'aujourd'hui... Il est important de travailler ensemble... Pouvoir faire le travail au plus proche pour permettre à ces oeuvres qui naissent de profiter du réseau... Une exigeance à avoir qui est celle des contenus... Les formes évoluent et il faut pouvoir travailler les formes... Les produits les plus attractifs possibles... L'interpénétration des genres..."

Monsieur D : "... Vous n'êtes pas non plus sans savoir... Ce que je peux dire pour l'année écoulée pour le documentaire... Un mécanisme que nous avons mis en place avec nos partenaires..."

Monsieurs E : " On verra ça tout à l'heure. J'insiste sur le "installés en Alsace" c'est une petite nuance que je tiens à apporter..."

Monsieur F : "Bonjour alors oui je présente la (...). Il est peut-être intéressant aujourd'hui de renforcer ça. Voyons ce qui nous préoccupe. C'est une vision qui se veut entre guillemets ambitieuse, une vision..."

Monsieurs G : "Je vais ouvrir le débat peut-être parce que je pense qu'on a tous beaucoup de choses à dire. Je pense que la parole doit circuler à ce niveau-là, c'est ce qui est important. C'est vrai que c'est une difficulté un peu récurrente, et pas seulement en Alsace, ça devient compliqué... Je sais que notre métier est assez complexe et pas facilement compréhensible vu de l'extérieur... Mais en revanche il y a quelque chose qui s'est passé... On a nous-aussi besoin nous d'apporter quelque chose... Il faut discuter ensemble pour rester dans quelque chose de crédible.