A force de parler de Musica 2012, je me dois aussi d'évoquer brièvement les concerts de 2011 qui m'ont le plus marqué.

- il y a eu une oeuvre de Philippe Manoury, mêlant instruments réels et interventions électronique, qui fut de toute beauté. Une véritable révélation musicale des possibilités de la technologie, une expérience sonore que j'aimerais revivre un jour. Les interventions électroniques étaient d'une compliexité difficile à saisir sur le moment : certaines notes circulaient tout autour de la salle à travers les enceintes, étaient déformées, ou déclenchaient des programmes chargés de faire entendre d'autres sons. Ce n'était pas un dialogue entre les sons acoustiques et des sons enregistrés, mais entre des sons acoustiques et des programmes chargés de modifier ou de faire circuler ces sons directs. Il faudrait que je le réécoute pour en dire plus.

- Le Noir de l'Etoile, de Gérard Grisey dispose six percussions autour du public et diffuse en six points les sons de pulsars, ces signaux périodiques émis par des étoiles à neutrons. Avec les percussions, on est rarement déçus. Enfin si, ça arrive, mais ce soir-là, ce fut un autre moment extraordinaire - cosmique. Là aussi j'ai envie de parler "d'expérience sonore et musicale" : par l'originalité et la beauté stupéfiante de l'oeuvre, et aussi, comme pour l'oeuvre de Manoury, parce que la musique vient de tous les côtés et entour le spectateur.