Sur un scénario à la Diaboliques, je retiens surtout l'esthétique vaporeuse. Une esthétique à la '5D' du nom de cet appareil photo qui fait caméra : faible profondeur de champ, nombreux inserts, point un peu flottant au point que le sujet est presque flou parfois (volontairement?). Et ce qui va avec : les couleurs pastel, désaturées, avec beaucoup de lumières naturelles. Et enfin, plus original : le montage et la narration, très distantes. C'est difficile à définir. On sent l'art d'un réalisateur confirmé qui manipule la matière cinématographique.

On avait déjà vu ça avec son film sur l'épidémie. Les sons étouffés, une musique. Un peu comme une chronique. Comme si le film le voulait pas s'engager complètement dans l'histoire, dans la fiction. Ce qu'il finit par faire à la fin, quand la tension est à son comble.

L'intérêt de cet esthétique, c'est qu'elle n'en rajoute pas. Elle ne 'fait' pas thriller. C'est presque une fausse piste. Mais ça permet aussi de mettre un peu d'humanité, un peu de chair humaine (les gros plans, l'émotion) dans un film qui pourrait aussi n'être qu'un scénario abstrait de machination.