La tyrannie du cool - un paradoxe ? Vraiment ?

Tout le monde est cool, tout le monde doit être cool. Et malheur à celui qui ne se plie pas a la règle - il sera exclu. Non, même pas exclu car le cool est tolérant, ou en tout cas pas explicitement. Le racisme c'est pas cool. Mais le non-cool est invisible, ringard, prise de tête, ridicule - selon les cas.

L'idée même qu'on ne puisse pas vouloir être cool paraît difficile à concevoir. C'est comme un grand rite de passage. Facebook et instagram sont la pour vérifier la conformité des individus aux règles du groupe. Et ce n'est pas parce que ces règles sont 'la rébellion', 'l'originalité', ou 'l'expression de soi', qu'il ne s'agit pas de conformisme. Après chaque photo postée sur Facebook, on attend impatiemment les commentaires, on compte le nombre de j'aime, si possible des profils les plus populaires pour être populaire à son tour. La coolitude se compte aussi en nombre 'd'amis' sur Facebook.

C'est une tyrannie douce car elle suppose le plein consentement de ses sujets. Que dis-je ? Plus que le consentement : le ralliement enthousiaste. Mais c'est une tyrannie quand même. Elle balaie avec violence les valeurs et la culture que les parents ou l'école tentent difficilement de transmettre.

L'alcool, les fêtes, les excès, les fringues, les marques, la musique, les photos de tout ça avec comme commentaire des sentences sans queue ni tête. Des poses, que des poses. Que la vie ressemble à des publicités pour parfum. Belles, rebelles, évanescentes.

La réalité : on forge ainsi des êtres décérébrés entièrement soumis au capitalisme : bienvenue dans le monde d'Apple, de MacDo, de Facebook, de l'industrie du disque et du divertissement. Bienvenue dans le monde de la mode - toute la mode, rien que la mode. Le fashion. La marque. Les idoles de notre monde. Et partout dans le monde, des millions de fidèles glorifiant la mode, les marques, la pub.